Chose promise, chose due. Après plusieurs mois de recherche, d’entretiens et d’analyse de terrains, les étudiants de l’École Nationale de l’Aviation Civile (ENAC) ont présenté leurs conclusions à la CSAE. Bien au-delà d’un travail académique, ils proposent 5 leviers interdépendants pour réduire durablement les accidents d’engins de piste sur les plateformes aéroportuaires. 

L’exigence de toujours renforcer la sécurité en piste 

Malgré la multiplication des actions de prévention et la mobilisation continue des acteurs du monde aéroportuaire, le nombre d’accidents en piste n’a pas diminué en 2025. Face à ce 1er constat, 4 étudiants de l’ENAC se sont mobilisés pour cette étude, ont choisi de ne pas produire une liste de mesures supplémentaires, mais de construire un système articulé où chaque action conditionne la suivante.

Partir du terrain et explorer toutes les meilleures pratiques 

Après avoir réalisé un benchmark international et exploré des secteurs professionnels à forts enjeux de sécurité tel que le BTP, les transports ou l’industrie nucléaire, les étudiants ont également mené des entretiens approfondis avec des acteurs clés de la piste, dont un commandant de la Gendarmerie des Transports Aériens de l’aéroport Paris Charles de Gaulle, un responsable chez TCR Group et un responsable à la Fédération Nationale de l’Aviation et de ses Métiers (FNAM).

Des actions interdépendantes pour agir de manière systémique 

Avec l’ensemble de ce corpus, les étudiants ont sélectionné cinq actions parmi trente identifiées. Des leviers interdépendants qui fonctionnent en système : 

  • Le joker sécurité ouvre la séquence.
  • Le buddy system associe chaque nouvel agent à un collègue expérimenté pendant trois mois — pour transmettre ce que la formation initiale ne peut pas donner. 
  • Le débrief à 360° installe la culture de l’apprentissage collectif après chaque incident, sans recherche de coupable. 
  • La formation en réalité virtuelle permet aux conducteurs de s’entraîner sur des scénarios critiques — push-back de nuit, zone de forte coactivité — sans risque. 
  • Le permis à points ferme la séquence. Il responsabilise individuellement, avec un barème co-construit et des mécanismes de reconquête. Sa position en dernier est délibérée : sans le socle de confiance installé par les quatre pistes précédentes, il serait perçu comme purement punitif. 

Anticiper la mise en œuvre  

Les étudiants ont également tenu à chiffre le coût de mise en place de ces mesures sur 3 ans ainsi que l’objectif qui pourrait être visé : – 40 % d’accidents corporels en dix-huit mois sur une plateforme aéroportuaire comme Paris Charles de Gaulle. 

Il s’agit désormais de présenter aux différentes instances du secteur les résultats de ces travaux. 

Une première restitution a eu lieu le 19 mai 2026 auprès de la commission CSCE (Compétences de Sécurité des Conducteurs et utilisateurs d’Engins aéroportuaires), qui réunit assistants en escale, compagnies aériennes et aéroports autour des enjeux de sécurité des opérations au sol. 

Une seconde présentation s’est tenue le 25 juin devant le comité de direction de la CSAE. 

À chaque étape, l’enjeu est d’apprécier la faisabilité des propositions et d’étudier l’intégration de ces actions dans la feuille de route du secteur.

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